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Full text of "Galerie historique et critique du diz-neuvième siècle"

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UNITED STATES OP AMERICA. 




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GALERIE 



HISTORIQUE ET CRITIQUE 



DIX-NEUVIEME SIECLE 



PARIS 



IMPRIMERIE BAL1T0UT, QUESTROY ET C 6 . 



GALERIE 



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DU 



DIX-NEUVIEME SIÈCLE 



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LE GÉNÉRAL JOHN MEREDITH READ 



{Extrait du 6* volume.) 



TW We^rvi t-cUix^ 






PARIS 

AU BUREAU DE LA GALERIE HISTORIQUE 

00, RUE DU FAUBOURG-SAINT-MARTIN, 55 

1872 






LE GÉNÉRAL JOHN MiDSTH fiEID J 



NE 



CONSUL GEH5UAL DES ETATS-UNIS D'AMÉBIQUS. A 5ARÏS. 



Le nom du général Read restera associé avec 
honneur à l'histoire de la guerre de 1870-71 , et à 
celle des deux sièges de Paris. Bi^ave et généreux, 
infatigable autant qu'habile, toujours prêt à affron- 



ter le danger et à engager sa responsabilité, il a su, 
par des actes de bienfaisance active et charitable, 
se rendre cher à tin grand nombre d'individus de 
toutes les nationalités; joignant aux actions géné- 
reuses les paroles sympathiques, il s'est particuliè- 
rement acquis une place durable dans l'affection 
et la reconnaissance du peuple français. 

Le général Read descend d'une très-ancienne et 
puissante famille qui, dès une époque reculée, a 
doté l'histoire d'Angleterre et celle d'Irlande 
d'hommes éminents dans l'Église, dans l'État et 
dans l'armée. En Amérique, elle occupe le même 
rang que celle des Washington, des Jefferson, 
des Livingstons, des Àdams, des Franklin, des 
Jay. Peut-être même dans l'œuvre de la fondation 
de la grande République, a-t-elle fourni plus d'ac- 
teurs et de promoteurs qu'aucune autre famille ac- 
tuellement existante. Elle ne pourrait aujourd'hui 
évoquer un plus glorieux témoignage de sa sagesse 
politique et de son patriotisme. 

La famille Read et ses alliés donnèrent à la cause 
de la liberté américaine, au dernier siècle, quatre 
signataires de l'immortelle déclaration d'indépen- 
dance, trois collaborateurs et signataires de la Cons- 
titution des États-Unis. — Quatorze de ses mem- 
bres servirent leur pays pendant la guerre de la 
Révolution (de 1774 à 1783), soit sur terre, soit 



sur mer; aucun d'eux n'occupait un rang inférieur 
à celui de capitaine dans la marine, à celui de colo- 
nel ou de général dans l'armée. 

L'arrière-grand-père du générai Read, Son Ex- 
cellence Georges Read, figure parmi les Six qui 
signèrent la déclaration d'indépendance et qui fu- 
rent aussi les auteurs et les signataires de la Consti- 
tution des États-Unis. Il était fils du colonel John 
Read (1688-1756), riche propriétaire foncier du 
Marylaud, et il naquit sur les domaines paternels, 
dans cette province, le 18 septembre 1733. 

Après avoir fait d'excellentes études classiques et 
terminé son droit, il fut appelé à exercer, comme 
avocat, dans la ville de Philadelphie, à l'âge de dix- 
neuf ans. Il se retira ensuite dans l'État de Dela- 
ware, où il devint rapidement le chef du parti 
royaliste, et fut nommé avocat-général à vingt-neuf 
ans. Bientôt dégoûté des exactions du gouverne- 
ment britannique et de sa politique oppressive en- 
vers les colonies, il se démit de son emploi, s'af- 
franchit de toute attache officielle, et fut élu délégué 
au premier Congrès continental, qui s'ouvrit en 
1774. 

Depuis ce moment jusqu'à sa mort, en 1798, il 
consacra exclusivement ses rares talents au service 
de son pays. Comme membre du Congrès pendant 
toute la Révolution, comme président de plusieurs 



comités importants, commissaire dans la question 
de la délimitation des frontières, délégué à la Con- 
vention d'Annapolis (laquelle précéda et enfanta en 
quelque sorte la Convention où fut élaborée la 
Constitution des États-Unis). Gomme membre de 
cette dernière et auguste Assemblée, comme jugea 
la Cour d'appel de l'amirauté, comme sénateur des 
États-Unis deux fois élu, enfin comme juge suprême 
et président du Delaware, il associa son nom, sa 
voix et sa plume à toutes les graves questions, à 
toutes les grandes mesures du siècle. On doit le re- 
garder comme le père de la première Constitution 
du Delaware, et l'auteur de plusieurs des princi- 
paux documents nationaux et papiers d'État relatifs 
à la Révolution et aux événements qui l'ont pré- 
cédée et suivie. Jouissant de la vénération et de 
l'amitié des hommes distingués de son pays, il 
vécut dans les termes d'une étroite intimité avec 
la plupart des étrangers connus, qui ont joué un 
rôle éminent dans l'histoire de celte période. Parmi 
ces derniers, citons le regretté marquis deLafayette, 
qui lui offrit, comme un gage d'affectueuse consi- 
dération, une paire de pistolets incrustés d'or, au- 
jourd'hui en la possession du général Bead; citons 
le marquis de Chastellux, la seule personne à qui 
Washington ait adressé une lettre humour islique ; 
citons le comte de Grasse, le comte de Rocham- 
beau, le comte de Montesquieu, le vicomte de 



Noailles, le chevalier de la Luzerne, le duc de 
Lauzuii, le duc de La Rochefoucauld- Liancourt, 
Chateaubriand et le prince de Talleyrand. 

Son fils, l'honorable John Read, de Philadelphie 
(1769-1854), jurisconsulte éminent, occupa plu- 
sieurs grandes charges. Il se maria en 1796 avec 
M llc Meredith, fille de l'honorable Samuel Meredith, 
de l'ancienne famille de Meredith du pays de Gal- 
les, à laquelle appartenait le célèbre lord-évêquede 
Leighlin. 

Le seul fils issu de ce mariage fut l'honorable John 
Meredith Read, LL. D., de Philadelphie, le père 
du général Read, et l'un des avocats et des juges les 
plus distingués que l'Amérique ait produits. Né le 
21 juillet 1797, cet homme éminent, d'une rare 
précocité, avait prisions ses grades à l'Université 
de Pennsylvanie dès l'âge de quinze ans. Appelé au 
barreau en 1818, — cinq ans plus tard élu à la Lé- 
gislature, — réélu depuis, — promu en 1837 au 
titre et à l'emploi d'avocat de district des Etats- 
Unis, — en 18/s5 nommé par le Président l'un des 
juges de la Cour suprême des Etats-Unis, — avo- 
cat-général de Pennsylvanie en 1846, il se démit de 
ses fonctions l'année suivante, et devint le chef 
du barreau. En 1851, il plaida, avec l'honorable 
Thaddeus Stevens, dans le fameux procès des 
Etats-Unis contre Hanway, accusé de trahison. Le 



— 10 — 

profond et brillant discours qu'il improvisa en 
cette occasion ne fut jamais complètement repro- 
duit. S'il l'avait été, dit une autorité compétente, 
la loi de trahison aux Etats-unis eût été définitive- 
ment établie. 

En 1856, il prononça à Philadelphie son célèbre 
discours : Le pouvoir du Congrès sur (es territoires. 
En 1858, il fut élu juge de la Cour suprême de 
Pennsylvanie, et élu à une majorité de vingt-neuf 
mille voix. 

C'était la première victoire remportée dans cet 
Etat par le parti républicain, que le juge Read 
avait grandement contribué à fonder. Aussi fut-il 
mis en avant par ce parti et porté comme candidat 
à la présidence des Etats-Unis. Un moment on son- 
gea à le nommer président, avec Abraham Lincoln 
pour vice-président; mais l'échec qu'il essuya i\ 
la Convention de février fit avorter cette combi- 
naison. 

Pendant la rébellion, les savantes et patriotiques 
décisions du juge Read prêtèrent un puissant appui 
à la cause du Gouvernement. Il fut l'inspirateur de 
quelques-unes des mesures nationales les plus im- 
portantes adoptées par le Congrès. Citons comme 
exemple la loi du 3 mars 1863 provoquée par un 
savant écrit de notre auteur et publié dès le mois 
de décembre précédent sous le titre : « Opinions 



— Il ~~ 

du juge Read, appuyées de faits et d'autorités, sur 
la suspension de Yhaheas corpus, » Il a également 
collaboré, pour de notables parties, aux Constitu- 
tions actuellement en vigueur dans les Etats de 
New-Jersey et de Pennsylvanie. 

Descendant d'une race où la probité, l'habileté 
et l'énergie sont héréditaires, il n'est pas étonnant 
que l'homme qui fait l'objet de cette esquisse, le 
général John Meredith Read J ne , fils du juge 
Read, soit arrivé à une grande réputation dans les 
diverses voies qu'il a suivies, à un âge comparati- 
vement peu avancé. 

Le général Read naquit à Philadelphie en 1837. 
Il fut élevé dans une école militaire et commanda 
le corps des Cadets nationaux, qui fournit au gou- 
vernement des Etat-Unis pendant la guerre de la sé- 
cession cent-vingt-sept officiers de l'armée. En 1855 
il servit comme aide de camp sous le gouverneur 
de Rhode-Isîand avec le grade de colonel. 

Maître ès-arts de l'Université de Brown en 1858, 
docteur ès-lois de l'École de droit d'Albany en 1859, 
reçu avocat du barreau de Philadelphie la même 
année, il alla se fixer dans la ville d'Albany, ca- 
pitale de l'Etat de New-York, où il s'associa, pour 
l'exercice de sa profession, avec M* John Sanford 
Barnes, aujourd'hui le commodore Barnes, de la 
marine des Etats-Unis. Avant cette époque il avait 



— 12 — 

passé quelque temps aux liides-Occidentales, d'a- 
bord, ensuite en Angleterre, en France et en Alle- 
magne, où il s'était livré avec ardeur h l'étude du 
droit civil et du droit international. 

Il se signala connue un des membres les plus 
actifs du parti républicain, prenant partout la pa- 
role dans les États de ia Nouvelle-Angleterre en 
faveur du candidat présidentiel de ce parti, en 
1856» En 1860, ce fut lui qui créa, dans l'État de 
New- York, le vaste mouvement politique, le Wide 
Awake, qui porta ce grand État à se prononcer 
pour Abraham Lincoln, lors de la première élection 
de ce dernier à la présidence des Étals-Unis. 

En novembre 1859, à l'âge de vingt-deux ans, 
il accepta l'emploi d'adjudant-major général de 
l'État de New-York avec le litre et le rang de 
général de brigade. Jusqu'à lui, personne en- 
core n'était parvenu si jeune à ce poste impor- 
tant. Dès le mois de janvier de l'année suivante, 
prévoyant les prochains conflits de la Sécession, 
il s'efforça de faire passer un bill qui placerait 
les forces de l'État sur le pied de guerre. Cette 
mesure, d'une évidente urgence, ne fut prise ce- 
pendant qu'au mois d'avril, après ia chute du fort 
Sumpter. 

A cette époque, le général Read fut nommé pré- 
sident d'un comité composé de trois membres et 



— Î3 -~~ 

Chargé de préparer un biii allouant trois millions 
de dollars pour des achats d'armes et d'équipe- 
ments. Les devoirs, imcombant alors au générai 
Read, étaient d'un caractère complexe et de la plus 
grave responsabilité, Il s'en acquitta de manière à 
mériter les remercîments officiels du minisire de la 
guerre des États-Unis, qui le félicita de l'énergie, 
de l'habileté et du zèle qu'il avait déployés à orga- 
niser et à équiper les troupes, à les diriger sans dé- 
lai vers le siège de la lutte. Au nombre des pre- 
miers brevets d'officiers, portant à cette date la 
signature du général ïlead, se trouvent celui du re- 
gretté major-général Wadsworth, qui fut tué pen- 
dant la campagne dite du Désert, et celui du major- 
général John A. Dix, depuis envoyé extraordinaire 
et minisire plénipotentiaire des États-Unis à Paris, 
et dont nous avons publié la notice dans les pre- 
mières pages de ce volume. 

Nous avons oublié de dire plus haut, qu'au mois 
de février 1861, lors du fameux voyage d'Abraham 
Lincoln se rendant à Springûeld, dans l'ïllinois, à 
son siège de président des Etats-Unis à Washing- 
ton, le général Read fut désigné par le gouverne- 
ment de New-York pour présider la commission qui 
devait recevoir et complimenter le nouvel élu à 
Buffalo, et de là, l'escorter jusque dans la capitale. 
Un fait curieux à mentionner en passant, c'est que, 
dans le nombre des personnages distingués qui ac~ 



— 14 - 

compagnèrent alors le président Lincoln, trois 
seulement se retrouvèrent dans le cortège qui at- 
tendait son corps assassiné, lorsqu'il fut porté à 
travers la ville d'Albany, trois ans plus tard, se diri- 
geant vers sa dernière demeure à Chicago; — et le 
général Read était Tune de ces trois personnes. 

Le général Read s'est fait connaître par une va- 
riété de productions scientifiques et littéraires qui 
établirent sa réputation en Europe, non moins qu'en 
Amérique, et lui méritèrent de hautes distinctions 
sur les deux rives de l'Atlantique. On peut citer 
parmi ses œuvres les plus connues, son Enquête 
historique sur Henry Hudson, qui fut universelle- 
ment appréciée, et qui lui valut, à l'étranger, de 
nombreuses et chaleureuses félicitations. 

Il avait été nommé membre des principales so- 
ciétés historiques de son pays, aussi bien que mem- 
bre de la société philosophique américaine, fondée 
par Franklin en 1757, — membre correspondant de 
la société américaine d'ethnologie, — delà société 
historique et généalogique de la Nouvelle-Angle- 
terre, — de la société d'agriculture, et enfin col- 
lègue honoraire de l'Académie nationale de dessin. 

Depuis, eu 1867, il a été reçu à l'Académie royale 
d'Irlande, dont il est le membre le plus jeune, — Louis 
Àgassiz, le célèbre naturaliste, étant plus âgé 
que lui de quelques années, quand il fut reçu. 



— n — 

Il a été également élu membre fondateur de la so- 
ciété des antiquaires du Nord, sur la proposition du 
prince royal de Danemark. Il fut complimenté et 
remercié, la môme année, par l'Académie française, 
à l'occasion d'un de ses ouvrages, sur la double in- 
vitation de M. Sainte-Beuve, le célèbre critique, et 
de M. le comte de Rémusat, aujourd'hui ministre 
des affaires étrangères. Dans le même temps, il re- 
cevait les remercîments de la Compagnie anglaise 
des [ndes-Orientales, et de la Compagnie de Mos- 
covie, fondée par Sébastien Cabot, en 1555, pour 
avoir porté la lumière sur certains points obscurs 
de leurs origines et de leur primitive histoire. 

C'est à son instigation qu'une commission fut 
instituée par le gouvernement britannique pour 
examiner en quel état se trouvait la merveilleuse 
collection des archives, et autres documents histo- 
riques, que possédait anciennement cette dernière 
corporation, — documents aussi curieux que pré- 
cieux pour bien connaître les règnes d'Edouard VI 
et de la reine Elisabeth, à l'époque des premières re- 
lations diplomatiques et commerciales entre la 
Grande-Bretagne et la Russie. 

Le général Read est membre de beaucoup d'au- 
tres corps savants, au nombre desquels nous men- 
tionnerons : la Société de Législation comparée 
et la Société d'anthropologie de Paris, ainsi que 



— 16 — 

la Société de Géographie de France, — l'Institut 
royal d'archéologie de la Grande-Bretagne et de 
l'Irlande, — l'Institut royal d'anthropologie delà 
Grande-Bretagne et de l'Irlande, — la Société des 
Antiquaires de Londres, — l'Institut d'anthropologie 
de New-York, 

Le général Read s'est de tout temps dévoué à la 
cause de l'instruction. Il fut l'un des organisateurs 
et l'un des Trustées de l'université Cornell,— cette 
grande institution (renseignement fondée en 1865, 
qui révolutionne en ce moment et renouvelle le sys- 
tème d'éducation en Amérique, et qui est appelée, 
on n'en saurait douter, à modifier les vieilles théo- 
ries encore en usage sur l'ancien continent. Cette 
université cherche à répandre l'instruction dans les 
branches pratiques autant que dans les branches 
purement classiques et scientifiques des connaissan- 
ces humaines. Ici, par exemple, un jeune homme 
peut apprendre à devenir un imprimeur, un édi- 
teur, un employé de télégraphe, un fermier, tout 
aussi bien qu'un soldat, un avocat, un médecin, un 
ecclésiastique ou un homme du monde aux loisirs 
profitables. Ici prévaut le principe de l'émulation 
ou mieux de la compétition. Ainsi, le meilleur élève 
dans chaque district de l'Etat de New- York a droit 
de continuer et d'achever gratuitement ses études 
à l'université Cornell. — Dans cette entreprise inté- 
ressante, que l'expérience a déjà sanctionné d'un 



complet succès, le général Iiead s'est trouvé associé 
à des hommes de haute distinction, tels que le pré- 
sident Andrew D. White, le sénateur Ezra Cornell, 
lequel dota de quatre millions de francs l'institution 
qui porte son uom (1),— l'honorable Horace Gree- 
îey, — l'honorable Georges William Gurtis, — 
l'honorable Erastus Brooks s — l'honorable William 
Kelly, — le professeur James Russell Lowell, poète 
célèbre, — le professeur Louis Agassiz, le grand na- 
turaliste, — et le professeur Goldwin Smith, en ces 
derniers temps professeur d'histoire à l'université 
d'Oxford, en Angleterre. 

Pendant plusieurs années le général Read a été le 
président du comité, en Albany, de « l'Association 
américaine de science sociale, » et il présida le 
grand « Congrès de science sociale » qui se réunit 
dans la ville d' Albany en 1868. 

Professant un légitime et profond respect pour le 
génie militaire et les rares habiletés d'exécution du 
général Grant, le général Read, à la fin de la guerre 
de sécession, fut un des plus zélés partisans de sa 
nomination à la présidence ; plus tard, il prit une 



(1) Le Congres des États-Unis a, de son eôté, accordé 
un million d'acres de terres a. l'université Cornell. Ces 
terres s'améliorant avec rapidité par la culture, produi- 
ront avant longtemps un immense revenu. 



— 18 — 

part active et prépondérante au triomphe de son 
élection. En récompense des services qu'il avait 
rendus à son pays, le général Read a été nommé 
par le Président, — nomination confirmée par le 
Sénat le 17 avril 1869, — consul-général des États- 
Unis d'Amérique à Paris. 

Cet emploi d'une complexe et grave responsabilité 
a été créé par le Congrès au mois de mars, et le gé- 
néral Read est le premier qui l'ait rempli. Le con- 
sulat général de Paris et celui de Londres sont con- 
sidérés comme des postes d'une importance égale à 
celle des missions établies par l'Amérique près de 
quelques puissances de l'Europe. Le consulat géné- 
ral des États-Unis à Paris est chargé de la direction 
supérieure des consulats et des agences consulaires 
de l'Amérique, répandues sur toute la France. Il est 
le bureau central d'où partent toutes les instruc- 
tions, et où sont adressés tous les rapports ; quant à 
la responsabilité de ses actes, il relève directement 
du département des affaires à Washington. 

La guerre franco-allemande et les événements 
extraordinaires qui en furent la conséquence, en 
élargissant la sphère d'action du général Read, lui 
créèrent de nouveaux devoirs d'une nature aussi 
ardue que délicate, et il s'en est acquitté avec habi- 
leté, avec énergie, avec tact. Le dévouement dont 
il fit preuve, ses éminents services comme homme 



— 10 — 

privé et comme consul général à Paris pendant les 
deux sièges et la Commune sont très-bien connus 
pour qu'il soit besoin de les récapituler ici. Ils ont 
été à plusieurs reprises appréciés en Amérique par 
le ministère des affaires étrangères et par le général 
Grant. Le général Read a eu de plus le rare hon- 
neur d'être complimenté, à ce sujet, dans le mes- 
sage annuel du Président des États-Unis. 

Henry LAUZAO, 



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